Lorsque des anarchistes défendaient il y a fort longtemps que la domination reposait sur de nombreux piliers matériels à portée de main audacieuse, mais aussi sur des mécanismes de soumission constituant autant d’obstacles à tout bouleversement complet des rapports sociaux, ils avaient alors en tête l’oppression religieuse multiséculaire ou l’odieuse figure de l’ « Honnête ouvrier ». Mais ils ne seraient peut-être pas allés jusqu’à imaginer qu’un siècle plus tard, et autant de nouvelles couches de servitude volontaire, cette dernière irait jusqu’à épouser chez nombre de révoltés les traits de la dame aux yeux bandés.
Depuis l’assassinat policier à Nanterre le 27 juin, on a ainsi vu fleurir un peu partout le slogan « Justice pour Nahel », visant à relier ce meurtre d’Etat à tous les précédents, où au contraire de cette fois-ci, aucun flic assassin n’avait jamais été incarcéré en préventive. Ce slogan porteur de tribunaux et de prisons, voire de châtiment divin pour les plus bigots, s’est épanouit autant sur des murs tagués et des vitrines pillées que dans le néant connecté, autant à travers la voix de la famille appelant au calme, que chez les crapules de gôche cherchant des contre-feux à l’émeute destructrice. Justice ? Cette même justice au service quotidien de l’ordre et de la propriété, qui est actuellement en train d’envoyer des centaines d’émeutiers en taule ? Cette même justice qui n’est pas séparable de la police, et en constitue même l’indispensable prolongement à travers l’écrasement journalier prodigué par ses nobles employés du service public : juges, procureurs, greffiers et matons ? Mais ne serait-ce pas plutôt qu’en demandant « justice » à l’Etat après un assassinat policier, comme une sorte de réflexe conditionné, on essaie surtout de pacifier et de canaliser une situation potentiellement explosive, en éliminant d’emblée toute idée de vengeance contre le pouvoir et ses représentants ? Lire la suite
Dans la nuit du 25 au 26 juin, nous avons scié les pieds d’un pylone électrique 225kV aux alentours de la Motte-Servolex, dans la banlieue de Chambery.












